
Qu’est ce qu’une fibre synthétique ?
Il est parfois difficile de s’y retrouver lorsqu’on lit l’étiquette d’un vêtement. Polyester, Elastanne, Scandes, Lycra, Viscose, polyamide,…A quoi cela correspond t-il?
Nous vous donnons quelques clés pour comprendre ces différents noms et choisir la matière de vos vêtements en connaissance de cause.
Lorsqu’ on achète un objet ou même un aliment, il nous paraît primordiale de savoir ce qui le compose, comment il a été fabriqué, quels sont les matières premières utilisées? Dans le cas des vêtements, les étiquettes nous donnent certaines informations précieuses : le lieu de fabrication, la composition du textile et les instructions d’entretien. Mais il est parfois compliqué de tout comprendre tant le nombre de fibres synthétiques différents a augmenté.
Nous partageons ici quelques conseils pour s’y retrouver parmi les fibres synthétiques. Nous nous pencherons sur les fibres naturelles dans un prochain article.
Sommaire
NOtre CHOIX
Des vêtements fait en fibres naturelles comme le coton, le lin et la laine.
Le polyester : une fibre synthétique omniprésente
Le polyester est aujourd’hui la fibre textile la plus produite au monde. Selon Textile Exchange, il représente environ 80 % des fibres synthétiques utilisées dans l’industrie textile.
Mais savez-vous réellement de quoi est composé le polyester ?
Le polyester est une fibre dite synthétique, car elle est fabriquée à partir de réactions chimiques. Le polyester conventionnel est issu de matières premières dérivées du pétrole. Il appartient donc à la grande famille des plastiques, au même titre que les matériaux utilisés pour fabriquer certaines bouteilles ou certains emballages.
Son principal inconvénient environnemental réside dans la libération de microplastiques. Lors des lavages, mais également au cours de leur utilisation, les vêtements synthétiques perdent de minuscules fibres. Une partie de ces particules est entraînée dans les eaux usées. Celles qui ne sont pas retenues par les systèmes de traitement peuvent rejoindre les rivières, les lacs et les océans.
Selon l’Agence européenne pour l’environnement, les textiles synthétiques seraient responsables de 16 à 35 % des rejets de microplastiques dans les océans, selon les estimations. Cette pollution est particulièrement préoccupante, car ces particules persistent dans l’environnement et peuvent être ingérées par les organismes vivants.
Au-delà de leur impact environnemental, les microplastiques soulèvent également des questions concernant notre santé. Nous y sommes exposés quotidiennement, notamment par l’air que nous respirons et les aliments que nous consommons. Les textiles synthétiques peuvent aussi contribuer à la présence de microfibres plastiques dans notre environnement intérieur.
Les recherches sur les effets des microplastiques sur la santé humaine se multiplient. Si plusieurs études mettent en évidence des effets biologiques potentiels, les connaissances actuelles ne permettent pas encore de quantifier précisément les risques liés à notre exposition quotidienne.
Enfin, nous pouvons citer trois autres fibres synthétiques issues du pétrole que vous retrouverez souvent sur les étiquettes de vos vêtements : le polyamide, l’acrylique et le polyuréthane élasthanne. Nous consacrons le paragraphe suivant à cette dernière.
L’élasthanne : la fibre qui apporte de l’élasticité
Élasthanne, Spandex ou Lycra : ces trois noms désignent la même famille de fibres textiles. Le terme Lycra est en réalité une marque commerciale.
Comme le polyester, l’élasthanne est une fibre synthétique, généralement fabriquée à partir de matières premières issues du pétrole. Il se compose d’au moins 85 % de polyuréthane, un polymère appartenant à la famille des plastiques.
Sa particularité ? Son exceptionnelle élasticité. L’élasthanne peut être étiré plusieurs fois au-delà de sa longueur initiale avant de retrouver presque entièrement sa forme. C’est pourquoi il est fréquemment ajouté, en petites quantités, à d’autres fibres textiles pour rendre les vêtements extensibles et plus ajustés.
Cependant, malgré ses qualités techniques, l’élasthanne reste une matière plastique. Comme les autres fibres synthétiques, il peut contribuer à la pollution par les microplastiques.
La viscose : une fibre d’origine naturelle transformée chimiquement
Contrairement au polyester et à l’élasthanne, la viscose est fabriquée à partir d’une matière première naturelle : la cellulose.
La cellulose est le principal constituant des parois des cellules végétales. On la retrouve notamment dans le bois, mais aussi dans le bambou.
Pour obtenir de la viscose, cette cellulose est extraite, dissoute puis transformée chimiquement afin de produire de nouvelles fibres textiles. C’est pourquoi la viscose appartient à la famille des fibres artificielles, également appelées fibres de cellulose régénérée.
Si son origine végétale peut sembler rassurante, son procédé de fabrication n’est pas sans conséquences sur l’environnement.
La production conventionnelle de viscose nécessite des ressources forestières, de l’eau et plusieurs substances chimiques, notamment du disulfure de carbone. Lorsque les procédés industriels sont insuffisamment maîtrisés, ces substances peuvent engendrer des pollutions et présenter des risques pour la santé des travailleurs.
L’approvisionnement en bois constitue également un enjeu important, notamment en matière de déforestation et de préservation de la biodiversité.
LENZING™ ECOVERO™ : une viscose à impact environnemental réduit
Pour répondre à ces préoccupations, l’entreprise autrichienne Lenzing a développé LENZING™ ECOVERO™, une gamme de fibres de viscose produites selon des critères environnementaux plus exigeants.
Le bois utilisé provient de sources certifiées ou contrôlées, et les fibres bénéficient de l’Écolabel européen.
Selon les analyses de cycle de vie communiquées par Lenzing, leur fabrication nécessite au moins 50 % d’eau en moins et génère au moins 50 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins que la production d’une viscose conventionnelle de référence.
Il s’agit donc d’une alternative intéressante à la viscose classique, même si sa fabrication nécessite toujours une transformation chimique.
Le lyocell et TENCEL™ : une autre manière de transformer la cellulose
Vous avez peut-être également rencontré les termes lyocell ou TENCEL™ sur les étiquettes de vos vêtements.
Comme la viscose, le lyocell est une fibre artificielle fabriquée à partir de cellulose, généralement issue du bois. Il s’en distingue toutefois par son procédé de fabrication.
La production de lyocell repose sur la dissolution de la cellulose à l’aide d’un solvant qui peut être récupéré et réutilisé dans un système en circuit fermé.
C’est notamment le cas du TENCEL™ Lyocell, commercialisé par Lenzing. Selon le fabricant, plus de 99,8 % du solvant utilisé au cours de sa production est récupéré et réintroduit dans le processus.
Ce procédé permet de limiter considérablement les pertes de solvant. Il présente ainsi des avantages environnementaux par rapport aux procédés conventionnels de fabrication de la viscose.
Des fibres biodégradables, mais pas sans impact environnemental
L’un des principaux avantages des fibres de cellulose régénérée, comme la viscose et le lyocell, est leur capacité à se biodégrader dans certaines conditions.
Contrairement aux fibres synthétiques conventionnelles telles que le polyester, elles ne sont pas constituées de polymères plastiques persistants.
Attention toutefois : biodégradable ne signifie pas automatiquement écologique.
La vitesse et les conditions de biodégradation dépendent notamment de la composition du textile, des traitements qu’il a subis et du milieu dans lequel il se retrouve. Par ailleurs, l’origine du bois, les produits chimiques utilisés et la consommation de ressources nécessaires à leur fabrication doivent être pris en compte pour évaluer leur impact environnemental global.
Ainsi, si les fibres de cellulose régénérée peuvent constituer des alternatives intéressantes aux matières synthétiques, leur impact dépend fortement des conditions dans lesquelles elles sont produites.
De plus, l’impact des fibres de cellulose sur la santé du vivant est encore peu connu.
Conclusion : Pourquoi Peppita a choisi les fibres naturelles
Comme nous l’avons vu, les fibres synthétiques et artificielles soulèvent plusieurs enjeux environnementaux, notamment en matière de pollution par les microplastiques, de consommation de ressources et de procédés de fabrication. Leurs effets sur la santé humaine et sur les écosystèmes font encore l’objet de nombreuses recherches.
C’est pourquoi, par principe de précaution et pour proposer une alternative à la fast fashion, qui privilégie souvent les fibres synthétiques pour leur faible coût, Peppita a fait le choix de sélectionner exclusivement des vêtements en fibres naturelles, comme le coton, la laine et le lin.
Ce choix ne signifie pas que les fibres naturelles sont sans impact sur l’environnement. Leur culture, leur transformation et leur fabrication soulèvent également des enjeux. Mais nous privilégions des matières dont nous pouvons mieux connaître l’origine et les conditions de production, en nous appuyant notamment sur des certifications reconnues.
Dans un prochain article, nous explorerons plus en détail ces fibres naturelles, leurs avantages, mais aussi leurs limites et leurs impacts environnementaux.
Les sources
Textile Exchange – Polyester : composition et part du polyester dans la production textile.
Agence européenne pour l’environnement – Microplastiques textiles : pollution liée aux fibres synthétiques.
CIRFS – Elastane : définition et composition de l’élasthanne.
LENZING™ ECOVERO™ – Sustainability : approvisionnement, certifications et procédés de production.
Lenzing – TENCEL™ Lyocell : procédé en circuit fermé et récupération du solvant.
